Nantes St Nazaire

Il est 5 heures Le Kayak de L’Espoir se lève ! Les yeux à demi-fermés nous posons pieds dans notre frêle esquif. Le soleil fait vœux de nous illuminer. Les fantômes de la brume nous emportent dans le mystère de l’estuaire.
Sur une Loire lisse et dorée nous sommes emportées par les courants la marée descendante. Les heures sont comptées nous déployons toute notre énergie. Les roseaux ornant les berges défilent. Quelques villages parsèment la verdure.
Dans le cintre d’un méandre, les cheminées, tuyaux, hangars d’une usine mettent un terme à la poésie.
Les remous du fleuve s’imposent. Notre batelet plonge dans les vagues. Des bouquets de gouttes d’eau nous frappent de plein fouet. Leur fraîcheur ruisselle au travers de nos vêtements de pluie.
L’impossibilité de continuer dans ces conditions nous conseille de nous rapprocher du bord. En effet les vagues apaisent leur colère et nous reprenons de bon train notre ultime parcours.
La lignée de cargos approche. L’appréhension grandit. Les remous manifestent leur rage. Nous voilà de nouveau aspergées. Notre esquif est déporté, les immenses parois métalliques de ces monstres marins viennent nous frôler. Roulis et tangages deviennent agressifs. Nous luttons, nos forces nous faisant défaut. Epuisées nous nous protégeons en voguant sous les pilotis des constructions navales. Enfin nous atteignons le cargo rouge qui depuis des heures se faisait percevoir en nous narguant. Que c’est long !
La grâce majestueuse du Pont de Saint-Nazaire nos ravit. Mais il y a encore du chemin pour que cette œuvre puisse avoir le plaisir de notre passage. L’envie d’en finir avec ce calvaire propulse nos pagaies. Le pont s’éloigne. Une cornemuse retentit dans l’estuaire. Trempées, dégoulinantes, frigorifiées, ruisselantes, nous débarquons sur la plage au son de ce mythique instrument venu tout spécialement nous accueillir. La marée est au plus bas et la vase au plus haut. Un pied parterre et nous nous enfonçons jusqu’au mollet. Il faudrait attendre une heure. Malgré le refus de la capitainerie d’accoster au port, nous en prenons le « gauche ». Nous voilà donc reparties vers la mer et finissons notre périple sur un ponton de bateaux pilotes.
Très émues nous sommes heureuses et fières d’avoir défier ce magnifique fleuve.
Notre défi a été réalisé dans sa totalité grâce à la grande solidarité des Lions, des mairies et de nos sponsors. Merci à eux de nous avoir comblées pendant notre année de préparation et tout au long de notre navigation.
Un souvenir ne s’achète pas il se vit ! (petit clin d’œil à Franck) Nous avons vécu celui-ci.

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