Angers Ancenis

Nous quittons notre demeure seigneuriale tôt ce 07/juin/2017 pour rejoindre l'embarcadère de Bouchemaine. Une longue étape de 51 km nous attend. Il fait frais, le vent à balayer les nuages, et souffle moins puissamment que la veille. la journée s'annonce belle.

Nos épaules encore endolories par les efforts herculéens de l'étape précédente, la mise en route est difficile. Les bouées cylindriques rouges et coniques vertes rythment notre avancée. Nous les suivons avec précautions pour ne pas risquer d'entailler le plancher du kayak. Ici les berges sont munies de digues pierreuses transversales. L'eau ainsi déviée creuse le chenal central et évite la venue de bancs de sable permettant la circulation des bateaux à moteur.

La rive fait place à de magnifiques prairies d'herbes grasses ou viennent brouter quelques troupeaux de vaches. La Loire se divise en de nombreux bras formant de multiples îlots. Nous suivons les panneaux nous indiquant de cheminer dans tel ou tel sens, nous retrouvant parfois dans de grandes voies de navigation, puis d'autres dans de plus intimes. Le vent nous chahute sans cesse. Nous filons cependant à bonne allure malgré les bourrasques intermittentes qui freinent notre cadence.

Les villages des bords de Loire se succèdent, livrant leur histoire. Petits et grands Ponts, églises, abbayes, vestiges moyenâgeux usés par les guerres nous parlent tout au long du parcours. Nos yeux s'ébahissent de ces splendeurs. Quelques poissons nous surprennent par leur saut. Nous observons les oiseaux à l'affût de leur proie, s'élever dans le ciel puis à toute vitesse plonger sur leur déjeuner.

A saint Florent notre corps nous quémande une pause. Nous quittons le kayak pour nous sustenter et dégourdir nos membres inférieurs restés inactifs depuis 5 h. Le fourgon nous rejoint.

Notre endroit est tranquille, quand soudain les passagers d'un véhicule nous interpellent par de grands signes. Ils semblent nous connaître mais le soleil gêne notre visibilité. Ils s'approchent et nous reconnaissons les parents d'Isabelle. Venus spécialement de la région parisienne, pour nous encourager sur nos dernières étapes, ils scrutaient la Loire depuis un bon moment à la recherche des 2 kayakistes.

Nous repartons en direction d'Ancenis. Les rives verdoyantes font places à nouveau au sable. La Loire est agitée et ballotte l'embarcation. L'eau bouillonne en certains lieux ou forme des vagues en d'autres nous aspergeant régulièrement de ces eaux douces. Ici la main de l'homme marque l'intention d'une régulation de ces phénomènes de banc de sable par la présence de digues. Nous naviguons entre ses impressionnants montages quand tout à coup la puissance de l'eau dévoile sous nos yeux de redoutables tourbillons qui se forment de tous côtés. L'effet de surprise fait place à la peur. Le kayak est aspiré dans les siphons et le déséquilibre. L'arrière s'enfonce. Il commence à tournoyer nous obligeant à décupler nos forces pour se sortir de l'attraction. Ces tourbillons se comportent comme des baïnes. Nous sommes ravies de les laisser derrière nous. Soudain un bateau nous fait front. Il arbore le pavillon des pirates LIONS et dans grand coup de trompe nous souhaite la bienvenue. Joyeuses nous rétorquons de plusieurs coups de corne de brume qui font échos dans cette atmosphère apaisante . Une petite barque de pêcheurs nous accoste pour nous féliciter de nos prouesses et nous offre un verre de muscadet. Le souvenir du pointu de Bastia venu à notre rencontre pour nous proposer le rosé refait surface. Nous apprécions énormément ses bonheurs ou le raffinement du geste côtoie la simplicité des lieux. Sur le quai de débarquement de nombreuses personnes nous accueillent et Cyprien de L'AVAV (association vivre avec un grand V) nous étreint chaleureusement. L'urne se remplit de formulaires, les Lions généreux nous offrent un muscadet de leur production. Le crépuscule sur Ancenis enrobe la Loire.

Demain Ancenis Nantes

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